C’est toujours la même chose… Tout à coup, sans qu’on s’y attende, ça fait « clic et déclic ». Il ne reste plus qu’à ouvrir grand la porte. Une fois passée la porte, celle-ci disparaît. Etait-elle vraiment là ? Si elle disparaît, que reste-t-il de notre passage de l’autre côté ? Un p’tit plus ou un p’tit moins parfois. Une transformation, c’est certain.

Toujours la même question me revient alors : pourquoi maintenant ? Pourquoi pas avant ? Ou pourquoi, tout court ?
Je me dis que parfois je suis une véritable extraterrestre à passer mon temps à étudier les moindres déclics dans ma tête. A la fois, je me demande si c’est commun d’avoir cette faculté, à la fois, je me dis que cette faculté : c’est bien moi.

Deux derniers déclics en date.
Le premier concerne la relation que Marie et moi avons avec notre chef depuis qu’il est installé en tant que directeur de l’IST-AC. Ce weekend, je me suis entendue dire des remarques que je ne devrais pas dire. Et là-dessus, de rêver d’un de mes amis ici, qui me disaient que je ne devais pas dire cela… Pourquoi suis-je tombée si bas dans mes remarques ?
Quoi qu’en soit la réalité, je ne connais pas tout de l’autre, je n’ai donc pas à lui porter de jugement, qui plus est si négatif que celui-ci. C’est tomber bien bas pour moi.
Que vient faire le chef là-dedans ? Il prend partie ouvertement et nous met complètement au courant de ses ressentis pour l’un ou pour l’autre. Il semblerait que l’on soit influençable. J’avoue avoir été « langue de vipère » dernièrement. Et le problème du vice, c’est qu’il s’appelle lui-même sans arrêt. Alors, j’ai décidé de prendre du recul. Premier déclic.

Le second déclic vient de la conversation, somme toute banale, avec Elsa. On parle de nos vies, du boulot, de la famille, de notre futur chacune de son côté. On est contente pour l’autre. On lui souhaite tout le bonheur du monde. Puis on raccroche.
Quel étrange sensation d’avoir l’impression soudaine d’être comme dans ces films qui montrent la vie de deux sœurs qui se croisent et se recroisent ! Ainsi soit-il. Je ne dis pas qu’il n’y aura plus de séances de cinéma pour un Walt Disney ou un délire chantant en voiture ; mais il y a quelque chose de changer. J’ai comme l’impression de ne plus être celle qu’on chouchoute, mais celle qui a pris sa vie en main. J’ai comme l’impression qu’il n’est plus question de protection, mais de chemin côte-à-côte. Aurais-je grandi aux yeux des gens ?

J’ai mis cette raison sur mon départ : je voulais me faire une place à part entière dans la fratrie, ne plus être juste la « petite sœur ». Etait-ce moi qui me faisais une idée de la sorte, ou était-ce une réalité que je ressentais ?
Et pour la suite, ce sera comme dans un film : je vais revenir, avec joie, chez les parents et je serais la petite dernière à les chouchouter à mon tour (jusqu’à ce que je ne le supporte plus !).

Ai-je changé à vos yeux ? Ca m’intéresse. J’ai même parfois l’idée que la petite voix dans ma tête qui me dicte ces mots avant de me les faire écrire, a vieillie. Ai-je changé ? Je ne sais plus trop.

Enfin bon, j’ai hâte de revenir en France, cela est certain. La famille est une part importante de qui je suis, comme l’est le lyrique et l’onirique, comme l’est la science et la logique, comme l’est l’introspection et l’analyse. A refuser de se décrire par un emploi ou un statut, la question du « qui je suis ? » en devient nettement plus délicate.

Sur ce, je vous laisse à vos propres réflexions. Et si quelqu’un veut se positionner sur le « Ai-je changé ? ». Je vous écoute impatiemment, dès à présent.


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