Me revoilà, avec une vision supplémentaire du Congo, la vision Capitale, la vision ville politique et première du Congo. PNR – BZV, aller-retour.
Brazzaville est indéniablement une ville politique, il n’est qu’à découvrir le nombre d’institution le long des rues dans les quartiers du centre-ville : Ministère de l’enseignement supérieur, Ministère de l’émigration et Ministère de l’Immigration, Ministrère de l’intérieur et de la décentralisation, Ministère de la pêche, de la chasse et de la condition féminine, Ministère du plan et du cadastre, Ministère du protocole, Banque des états d’Afrique, UNICEF, ONU, Ambassade de France, Ambassade du Cameroun, j’en passe.
Pour cela, l’ambiance de BZV est bien différente de celle de PNR. La ville semble fonctionnée à la lenteur des administrations. Le gouvernement est partout, ouvert de 8h00 à 14h00. Les institutions sont une succession de bureau gardées par des militaires : bérets violets pour la garde présidentielle, bérets verts, police, gendarmerie. A côté des institutions établies, les écoles de l’université Marien Ngouabi occupent les rues, l’uniforme est de rigueur dans les collège et lycée ; le costard et la jupe bleue marine pour l’Ecole Nationale d’Administration.

Brazza la verte dit-on. Brazzaville et ses taxis verts. Brazzaville est ses arbres par centaines le long des rues. Brazza, ville escarpée au milieu du Pool (la région qui craint au Congo), sur les collines du Mayombe. Brazzaville, éclairée la nuit, sauf dans les quartiers. J’ai passé 6 heures à parcourir ses rues avec un congolais pour savoir qu’en 1997, il avait rampé de son école à l’aéroport pour éviter de tomber sous les balles des civils en arme dans la ville, pour entendre dire qu’il avait vu des amis, des professeurs tombés sous ses mêmes balles.
Finalement, le traumatisme est peu visible dans la ville pour la touriste que je suis. Mais dans les cœurs il est présent, bien incrusté. Et je me mets à réfléchir à comment c’est de ne pas être en paix dans son pays ? Oui, ça fait bien réfléchir.

Brazzaville ou la ville d’en face. Brazzaville et ses 1,5 millions d’habitants estimés ; en tête à tête avec la gigantesque Kinshasa, de l’autre côté du fleuve Congo. Kinshasa, ses grandes tours visibles à 3 km de là, derrière le lac que forme de fleuve entre les deux zones de rapides. Kinshasa et ses 12 millions d’habitants (soit 4 fois la population totale du Congo). Kinshasa et l’agitation qui m’est décrite, son manque de travail, ses bus délabrés, son étendu (plus de 2 heures pour relier les deux extrémités de la ville). Kinshasa et la villa de Mobutu en face. Brazzaville et la « case » de De Gaulle en face ; et le mémorial de Savorgnan de Brazzaville (construit sur les vestiges du village ayant occupé la place de Brazzaville en premier).

Brazzaville – Kinshasa. Un pont qui relierait les deux, et dont Brazzaville a peur, peur d’être écrasé par la masse d’en face si la guerre éclate, si les réfugiés passent, si les simples travailleurs passent.
Brazzaville – Kinshasa. Une rue avec des hommes assis sur le côté qui échange les dollars avec les francs CFA.
Brazzaville – Kinshasa. Le jour et la nuit. Un lac face à un océan. Deux villes voisines sur un même royaume ancestral, le royaume Kongo. Les deux capitales les plus proches du monde.

Et le Congo, fleuve mythique qu’un Tintin aurait remonté dans un épisode. Il paraît que c’était une mer intérieure avant, un gigantesque lac qui a érodé la terre jusqu’à rejoindre un autre fleuve en contrebas et dessiner la frontière large de 4 km par endroit. Calme plat au niveau de la ville, les rapides et les cataractes empêchent toutes navigations de BZV à l’océan. Le fleuve Congo peut en revanche être remonté vers le Nord, vers Impfondo. Mais les ordures s’y amoncellent au niveau des villes qui se regardent. Les odeurs y sont plus fortes, le sable présent à PNR semble atténué l’odeur nauséabonde ambiante.

Brazzaville et sa chaleur avant de partir. J’étais contente de parcourir ses rues au milieu des congolais, seule mundélé à des distances à la ronde. Je n’avais plus ressenti cette impression d’être noyé dans le monde depuis longtemps. Ca m’a rendu heureuse. Ca m’a fait du bien.
Je ne suis qu’une goutte d’eau dans les rouages du monde.


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