A chacun ses châteaux !
Uncategorized RéagirIl m’aura fallut plus de 3 mois avant de revenir chez moi. Et ce fut par l’appel de l’imaginaire, par celui des mots qui forment des histoires, des légendes et des voyages, pour l’esprit. Je me rends compte que chaque parcelle de vie est un château de cartes, que je tente de monter encore et encore, jusqu’à le voir s’écrouler soudain. Je m’y attendais. Je ne m’attendais pas à ce que ce soit si rapidement, ou si brutalement. Je croyais que je construisais sur une dalle de béton, peut-être est-ce simplement du sable.
Qu’y a-t-il de plus fragile qu’un château de cartes ? C’est comme la vie… A toute histoire, toute fin ; à toute vie, toute mort. Et, à mon sens, la mort n’est qu’un renouveau, une renaissance, un nouvel élan de vie.
Une croyance, un instinct, un rêve m’ont l’un après l’autre, dans un sens ou dans un autre, poussés à tenter de grimper en hauteur. Dernièrement, j’avais construit un château de croyances, de confiances, où je me projetais dans une vie installée possible, hors des frontières de France. Puis soudain, moi qui pensais que mon bateau était attaché à une amarre dans un port lointain, je me retrouve le bout de la corde dans la main, sans explication. Tant pis. J’ai parié sur le mauvais château !
Il y a des châteaux que je monte depuis de très longues années. Ils me hantent, ne se font jamais oublier, et si je les oublie ils me rappellent toujours à leur présence. Chaque acte que je pose pour les monter d’un étages, me font espérer que je n’y renoncerais pas. Il en est ainsi de mon besoin d’écrire. Peut-être jamais aucun château complet ne viendra. Il en est ainsi de mon projet.
Mais le principe du château de cartes a pour lui, que même écrouler, vous n’êtes pas sans le sou ! Il nous reste toujours nos cartes, à jouer différemment, autrement. Des cartes à développer. Des terra incognita à explorer. Une dame de cœur en attente de son roi !
Aujourd’hui, je l’avoue, je suis un peu perdue. Je suis perdue dans un vaste monde, dans lequel je ne sais pas où me positionner. Je ne suis pas perdue pour tout le monde : je ne suis pas perdue pour moi. J’entends souvent Maman répondre au téléphone : « Elle va bien. Elle cherche un peu partout en France. Le moral est plutôt bon. ». Je ne sais pas d’où me provient cette force de pouvoir regarder ma situation de chômeuse, sans m’en sentir affectée outre mesure. « Je devrais, il faut » m’ont abandonné. Je fais, c’est tout. A mon image à mon idée. Peu importe que je plaise, tout ce que je souhaite, c’est de m’en sentir bien.
Alors, j’ai ouvert quelques cartons. Des odeurs s’en sont échappées : un parfum de livres, ou une eau de toilettes. Des images me sont revenues, de mes années collèges, de cet alignement d’idées. Maman me disait tout à l’heure que l’on est toujours emprunt de sa jeunesse… Eh bien, cette jeunesse a beau ne pas être si éloignée : Maman a bien raison !

