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A chacun ses châteaux ! juin 6 2017

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Il m’aura fallut plus de 3 mois avant de revenir chez moi. Et ce fut par l’appel de l’imaginaire, par celui des mots qui forment des histoires, des légendes et des voyages, pour l’esprit. Je me rends compte que chaque parcelle de vie est un château de cartes, que je tente de monter encore et encore, jusqu’à le voir s’écrouler soudain. Je m’y attendais. Je ne m’attendais pas à ce que ce soit si rapidement, ou si brutalement. Je croyais que je construisais sur une dalle de béton, peut-être est-ce simplement du sable.

Qu’y a-t-il de plus fragile qu’un château de cartes ? C’est comme la vie… A toute histoire, toute fin ; à toute vie, toute mort. Et, à mon sens, la mort n’est qu’un renouveau, une renaissance, un nouvel élan de vie.

Une croyance, un instinct, un rêve m’ont l’un après l’autre, dans un sens ou dans un autre, poussés à tenter de grimper en hauteur. Dernièrement, j’avais construit un château de croyances, de confiances, où je me projetais dans une vie installée possible, hors des frontières de France. Puis soudain, moi qui pensais que mon bateau était attaché à une amarre dans un port lointain, je me retrouve le bout de la corde dans la main, sans explication. Tant pis. J’ai parié sur le mauvais château !

Il y a des châteaux que je monte depuis de très longues années. Ils me hantent, ne se font jamais oublier, et si je les oublie ils me rappellent toujours à leur présence. Chaque acte que je pose pour les monter d’un étages, me font espérer que je n’y renoncerais pas. Il en est ainsi de mon besoin d’écrire. Peut-être jamais aucun château complet ne viendra. Il en est ainsi de mon projet.

Mais le principe du château de cartes a pour lui, que même écrouler, vous n’êtes pas sans le sou ! Il nous reste toujours nos cartes, à jouer différemment, autrement. Des cartes à développer. Des terra incognita à explorer. Une dame de cœur en attente de son roi !

Aujourd’hui, je l’avoue, je suis un peu perdue. Je suis perdue dans un vaste monde, dans lequel je ne sais pas où me positionner. Je ne suis pas perdue pour tout le monde : je ne suis pas perdue pour moi. J’entends souvent Maman répondre au téléphone : « Elle va bien. Elle cherche un peu partout en France. Le moral est plutôt bon. ». Je ne sais pas d’où me provient cette force de pouvoir regarder ma situation de chômeuse, sans m’en sentir affectée outre mesure. « Je devrais, il faut » m’ont abandonné. Je fais, c’est tout. A mon image à mon idée. Peu importe que je plaise, tout ce que je souhaite, c’est de m’en sentir bien.

Alors, j’ai ouvert quelques cartons. Des odeurs s’en sont échappées : un parfum de livres, ou une eau de toilettes. Des images me sont revenues, de mes années collèges, de cet alignement d’idées. Maman me disait tout à l’heure que l’on est toujours emprunt de sa jeunesse… Eh bien, cette jeunesse a beau ne pas être si éloignée : Maman a bien raison !

Brazzaville (suite) juillet 31 2011

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La confiture est une saveur de vacances. Peu importe le lieu. Petit déjeuner au beurre et à la confiture est gorgé de la puissance des souvenirs.

André est chef de bureau à l’Institut des Jeunes Sourds de Nazaire. Il est dévoué à ce travail, il lui arrive même de quitter à 21h. Avant, il travaillait à la maison d’arrêt de M’Pita, à Pointe-Noire. Pendant 9 ans, il a vu s’entasser 150 congolais dans une petite prison, où leur unique repas se constituait d’un bol de riz blanc. Pour une cellule, avec télé et ventilateur, c’est 30.000 FCFA. Pour faire une ballade dans la cour, y avoir accès pendant le temps de sa détention, c’est 10.000 FCFA.

En allant de Sainte Anne au CCF, nous n’avons pas arrêté de discuter ; ou plutôt, je n’ai pas arrêté de répondre de ses questions. Facilité de vie en France ; possibilité d’intégration, pour un congolais, de la société française ; culture familiale française ; régime des mariages et contrat ; perception française d’une drague congolaise ; image de l’africain en Europe ; libre circulation des hommes en Europe… Plutôt que d’essayer réussir en France, prenez des initiatives pour développer le pays !

Brazzaville, capitale du Congo juillet 30 2011

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Taxis verts. Aéroport tout neuf. Kinshasa et ses influences. Brazzaville ne ressemble en rien à Pointe-Noire, si ce n’est l’accueil chaleureux de ses habitants !

Assise dans la chambre n°4 chez les Soeurs des Sacrés-Coeurs de Jésus et de Marie, j’écoute la musique et les cris de l’église de réveil à 100m. L’influence de Kinshasa - énorme voisine - a transmis les instrumentistes et autres joueurs à Brazzaville la verte. Attablées avec Nazaire, au restaurant chez Irène, devant une Skol de 72cl, quelle surprise de voir s’installer un groupe avec saxo et guitare. Samedi soir, le Congo danse, la nuit risque d’être longue et mouvementée.

TALANGAÏ, WENZEI, BACONGO et POTOPOTO.

VIP SEVENTY ! Pourquoi appelle-t-on les boîtes de nuit congolaises des VIP ? C’est que très souvent un écriteau lumineux l’indique au-dessus de sa porte d’entrée. Entrée à 1500 FCFA. Passés le long couloir, nous entrons dans une salle sur-saturée de son, uniquement éclairée par de la lumière noire. Il est impossible de voir le moindre visage ; les habitués doivent trouver d’autres repères pour se reconnaître. Dans cette demie obscurité, Nazaire et moi regardons des couples danser la Rumba. Déjà certains ont le signe d’avoir trop bu. Primus, Mutzig, Skol, tout les clients tournent à la bière. Soudai, des spots de couleurs allument la salle de vert, de rouge et de jaune congolais. La Rumba laisse place à Papa Wemba, à Koffi Olomidé, à Fally Ipupa, pour plus de rythme. Homme, femme, enrobé, maigre, en costard ou en T-shirt, les congolais se ruent sur la piste de danse. Tous se regardent danser dans le miroir face à eux. Aucune gêne, aucun jugement, juste la beauté et le plaisir de “bouger son corps”. Assis devant une bière, les basses sont tellement fortes qu’elles font échos dans ma cage thoracique.

Un peu plus tard, chez les Rastas, reggae, rock, chanson française, avec la guitare, le bassiste de Zao, ou une batterie. Il est 1h30 à Brazzaville.

Début du voyage (Cameroun) juillet 30 2011

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Autant il m’a été facile de m’endormir la nuit dernière, autant le réveil fut un peu plus angoissé. Aujourd’hui commence mon voyage : peur de la violence, surtout, uniquement. Si je ne suis pas courageuse, je pourrais toujours me terrer dans un hôtel ! A 12h05, je me pointe à l’aéroport A. Neto de Pointe-Noire. Deux qualités sont indéniablement utiles lorsqu’on voyage à la Trans Air Congo (TAC) : patience et force de persuasion.

PATIENCE parce qu’il m’a fallut 1h30 avec un bagage de 11 kg sur les épaules, avant de pouvoir m’asseoir dans la salle d’embarquement. A l’enregistrement, nous étions 3 “mundélés” pour une file d’une cinquantaine de personnes. Les 2 “mundélés”, issus de quelques entreprises, sont dans une file, avec quelques congolais, dite prioritaire. Allez savoir pourquoi ?! Voilà 45 minutes que je trépigne. Mon avion part à 14h, il est 13h15. Pourquoi serais-je sujette à un autre traitement ? J’attends au milieu de cette file, dans un brouhaha ambiant, observant impuissante, une plus ou moins injustifiée priorité. Force est de croire qu’une attitude pacifique, posée et souriante - malgré la lourdeur sur mes épaules - est la bonne. Un congolais, en 5ème place, me propose soudain d’échanger nos places pour l’enregistrement (environ 20ème, pour la mienne) : son avion décollant à 15h, et non pas à 14h. Que dire de cela ? A part que j’ai une bonne étoile !

FORCE DE PERSUASION, parce que la remarque des flics sur la validité de ma copie conforme de passeport, est loin d’être dénuée d’intérêt. Vieille et déchirée, le prétexte du renouvellement du visa congolais d’un an a bon dos !

Il est 13h40, l’avion décolle normalement à 14h00, pour être à 14h45 à Brazzaville, où Nazaire m’attend.

Vacances 2011 ! juillet 27 2011

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 Zone de décompression ! Je suis en congés ce Jeudi 28 Juillet, ça c’est trop cool ! Depuis une semaine, c’est la fête. On en profite un max ! Chhuuut, il ne faut pas le crier sur les toits…

D’abord, il y a « Tournoi de coinche ». Au début, on a lancé ça en rigolant un midi, et de fil en aiguille, on l’a mis en place. Il y a 4 équipes tirées au sort : les Nutellas (Pierrick et Marie), les Quincheurs (Sophie et Eddy), les Belettes (Thibaut et Nicolas) et les OSB (Jérémy et moi). Toutes les équipes se rencontrent, et on voit le score à la fin. Lundi, mardi et mercredi soirs sont ainsi bien occupés. En deux parties gagnantes, le tournoi nous fait coucher vers minuit.

La dernière publication donnée les scores suivants (fin du 2ème jour sur les 3 prévus) :

 On n’a jamais vu ça à PNR : le tournoi de coinche bat son plein. Les équipes commencent à être fatiguée, et attendent le dénouement de l’évènement. Pour rappel : 4 équipes, et pas des moindres participent au tournoi.

Sortis tout droit d’un rayon de supermarché, les Nutellas avancent fièrement avec 3 parties gagnées pour 3 parties perdues. Vainqueur des OSB, ils sont à 5190 points !

Les Quincheurs, dont on ne sait de quel dictionnaire ils sortent, se défendent particulièrement bien avec 4 parties gagnées, 1 partie perdue, et 5080 points. Avec 2 équipes laissées sur le carreau, ils sont les pressentis à la victoire. Le duel contre les Nutellas risquent d’être tendu ce soir.

Mais les Nutellas ont aussi du souci à se faire du côté des Belettes. Issus du “tournoi inter-région des animaux des forêts du Congo qu’on ne trouve qu’en France”, ils talonnent les Nutellas, qu’ils ont battus, avec 3 parties gagnées et 3 perdues, et un total de 4590 points. Autant dire que rien n’est joué !!

Enfin, la dernière équipe, et non des moindres, les OSB montrent combien les valeurs d’une équipe peuvent porter loin leur volonté. Décidé en début de tournoi, ils sont en partance pour entrer dans le livre des records en réussissant l’exploit de leur unique partie gagnée pour 4 parties perdues. Actuellement, jamais vainqueur, ils espèrent montrer qu’il est possible d’être les 1er en commençant par la fin avec pep’s ! Avec un total de 2180 points, les “On s’en branle” brandissent fièrement leur couleur !

 

Ce qui fait évidemment, que nous avons quelques soucis à nous lever le lendemain matin.

 En même temps, je prépare en journée mon prochain voyage au Cameroun. « Chose décidée, chose faite » est ma méthode de vie. Je ne le dévoile que tardivement, même si je l’ai en tête depuis Mai. Pour rappel, l’administration congolaise avait perdu mon passeport alors que je faisais renouveler le visa d’un an. Je devais m’assurer d’avoir un passeport, un visa congolais et un visa camerounais dans les temps pour pouvoir partir : en l’occurrence, la dernière étape (visa camerounais) est en cours… Tout va pour le mieux !

 

Mon périple au Cameroun s’attache sur une description fort sympathique de la « Petite Afrique » par Philoche (au Congo depuis 5 ans, et bientôt Papa ! Mon prédécesseur et successeur à l’IST-AC en mécanique !). Mon autre chance est qu’il y a beaucoup de coopérants DCC dans le pays, qui peuvent donner une vision du tourisme, et des logements possibles.

Le Cameroun, pour être déjà passé à Douala, possède de bonnes infrastructures routières et ferroviaires : se déplacer en devient beaucoup plus simple.

 

Je prévois donc ainsi mon périple :

Du 29/07/2011 au 01/08/2011 – Départ pour Brazzaville, pour visiter une dernière fois la ville, et profiter de Nazaire (notre correspondant sur place, et directeur de l’Institut des Jeunes Sourds), avec promesse de visite des nuits brazzavilloises.

01/08/2011 – Départ de Brazzaville pour Douala (qui n’est pas la capitale), sur la côte. Là-bas, j’achète une puce téléphonique camerounaise (et je préviens deux à trois personnes de mon numéro, pour vous et me rassurer !).

02/08/2011 – Flan du volcan Cameroun à Buéa. De là partent les principales balades pour monter en haut du volcan, dont je ne verrais pas le sommet, c’est certain (à part peut-être de Douala).

04/08/2011 – Je quitte la région du Littoral pour aller dans la région Nord-Ouest, vers Nkongsamba, Dschang et Bafoussam. J’ai déjà 2 DCC qui peuvent m’y accueillir à Dschang et Bafoussam. De Douala à Nkongsamba, je pourrais choisir entre train et bus.

08/08/2011 – Direction la région Centre du pays, et la capitale Yaoundé ! Il semble, qu’il n’y ait pas vraiment beaucoup de choses à y voir. Mais je prendrais le train pour le Nord et l’Extrême-Nord de la gare de Yaoundé.

09/08/2011 – Train pour Ngaoundéré (région Nord). Autant le sud du Cameroun est proche de l’atmosphère humide et forestière du Gabon et de Pointe-Noire, autant les frontières du nord touchent le Tchad sec et chaud.

10/08/2011 – Traverser de la région Nord vers Garoua, puis Maroua. La région Extrême-Nord semble, dans les commentaires, la plus importante à voir. Des coopérants DCC sont à Tokombéré, juste en dessous du plus connu des parcs du Cameroun (Parc de Waza).

Pourquoi pas monter jusqu’au lac Tchad ?

Puis retraversée dans l’autre sens, vers Douala, où mon avion m’attend le 19/08/2011 pour rentrer directement à PNR !

 Plein d’images dans la tête, des expériences géniales, un avion pour la France 3 semaines plus tard !!!!! J’ai beau joué à la coinche jusqu’à minuit, je suis en super forme ! Vive les vacances et bonnes vacances à tous !!!

Etape 1&2 : passeport + visa juillet 21 2011

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Jeudi 21 Juillet, à Pointe-Noire
Savez-vous où commence l’Aventure ? Dans les romans, à la première page, les lignes tracent un port, une ferme en campagne, un ascenseur ou un coin de rue. Qu’est-ce qu’une Aventure ? Le récit d’évènements conséquents d’une prise de risques : tromper quelqu’un, rompre le cycle routinier, quitter sa patrie. Où commence donc l’Aventure ? Elle semble naître dans cette accélération soudaine du cœur, devant une simple projection d’un avenir, de notre avenir futur. Elle en devient une, lorsque l’idée tend à devenir réalité.

Août 2011 : partir seule durant 3 semaines au Cameroun, comme touriste (voilà l’idée).
A définir ou à faire : passeport valide, visa congolais, visa camerounais, étapes et trajets, points de chute possibles.

L’administration congolaise ayant perdu mon passeport lors du renouvellement de mon visa d’1 an, ma première étape fut le Consulat de France. Depuis 1 ans et 6 mois au Congo, je ne sais même pas où il se situe. Et je n’y suis, bien sur, pas enregistrée (l’administration française et moi, ça fait 2 !). Mon passeport ne peut être officiellement déclaré comme perdu, puisque cela s’est déroulé dans un Ministère congolais !
4 heures d’attente au Consulat plus tard, après avoir changé 3 fois de bureau, puis 3 semaines de délai, me voilà en possession d’un « superbe » passeport, domicilié au Quartier M’Pita à Pointe-Noire… La classe internationale (car biométrique en plus) !

Merci Nath. Le bon plan pour faire un visa congolais rapidement, même si l’on estime votre patience : Département de Surveillance du Territoire. Ce qui pose le plus de souci, c’est le fait que ce visa soit gratuit !
Déposé le mardi, j’ai un écho que cela peut être fait en 3 jours. Lundi suivant : « On n’a pas réussi à vous joindre au téléphone. Il nous faudrait le texte signé entre l’UCAC et la République du Congo. Et je vous donne votre visa dans la journée. »
Mardi : « Votre passeport est dans le bureau du chef ! »
Mercredi : « Non, madame. Toujours chez le chef. »
Jeudi, pas le courage de m’y rendre. A 16h00, coup de fil : « Vous pouvez venir chercher votre visa. ».

J’arrive au Département de Surveillance du Territoire. « Bonjour, je viens retirer mon passeport au secrétariat. ». Un congolais, qui ne m’inspire pas grande confiance, me demande ma carte d’identité. Je lui donne, en lui demandant s’il ne voudrait pas plutôt la copie de mon passeport… Il faut avoir confiance !
Indiquée par un congolais, je monte à l’étage, et récupère mon passeport, enfin. Je vais pour récupérer ma carte d’identité. Je ressors du Département : à moi maintenant le visa camerounais !

En image… juillet 11 2011

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Je trouve dommage - bien que je respecte vos décisions - de n’avoir vu personne débarquée au Congo au cours de mes 2 ans passés. Je ne partagerais jamais avec vous autant sur cette expérience, que je pourrais partager avec ceux que j’ai côtoyé ici.

Mais laissez-moi vous faire découvrir un grain de sable congolais. Découvrez un weekend à Dimonika sur http://vimeo.com/24455993

Un réalisateur congolais, au regard de ce montage, a fait une remarque, qui nous fait tous ici chaud au coeur : “Il est rare de voir des vidéos où les blancs et les noirs sont si bien mélangés !”.

Bonne vidéo.

PS : aujourd’hui j’ai acheté mon billet d’avion retour. Je suis en France Jeudi 15 Septembre à 16h05, à Orly avec Marie !

Personne ne sait de quoi demain sera fait… juin 27 2011

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« Mesdames, messieurs, nous arrivons au large d’une zone de turbulences. Veuillez accrocher vos ceintures, et ne les retirer que lorsque la lumière vous l’indiquera. Nous vous remercions de votre compréhension. Bonne poursuite de voyage. »
Il faut prendre du recul, un peu de hauteur. Je vais au devant de turbulences, après une longue période de stabilité… plus ou moins immuable. J’en ai vu des oiseaux : des coucous, des hirondelles, des vautours et des corbeaux ; j’ai vu des bateaux lorsque je survolais la mer, et des champs de toutes les couleurs au-dessus des terres. Le dirigeable avance, gonflé d’hydrogène explosif.

Désolée, je ne peux m’éviter les métaphores. Autant d’oiseaux et de bateaux que d’idées et de concepts m’ayant traversé l’esprit. Quand j’étais enfant, je disais souvent « Elle est belle cette maison, j’aimerais bien vivre ici. »… Une maison au bord de la mer, sur une falaise ou au milieu d’un champ. Depuis 2 ans, je me triture l’esprit pour savoir où ? Où je poursuis ?

D’abord, il y a eut une envie d’international, encore. Puis, en mode posage, il y a eut le travail en association. Ensuite, j’ai pris un peu de hauteur pour toucher la simplicité, parce que je définis comme mon ‘Projet’. Après, il y a eut le retour à Lille, ou le déménagement en Normandie.

Qu’est ce que je veux, bon Dieu ?!
Découvrir le monde, ne pas entrer dans une routine, intégrer un projet ou une entreprise qui a une éthique responsable, continuer à être chargée de mission en relations industrielles (parce que j’adore ce boulot !), être fainéante parfois et investie le reste du temps.
Je ne suis pas invincible, mais je me sens dotée d’une force d’adaptation et d’évolution incommensurable. Dois-je en avoir peur ? Pas tant que j’arrive à me remettre en question.

Comment ordonnancer tout cela, pour faire de ma vie, la somme de ce que je suis ?
J’ai envie d’être présente auprès de la famille. J’ai envie de montrer que je suis avec vous. Pourtant, si l’éloignement dévoile aisément les sentiments, une fois de retour en France : 2 semaines à 1 mois plus tard, et le quotidien de chacun reprendra le dessus. Quand on part si longtemps, on se rend compte que peu importe d’être là ou non ; les personnes les plus importantes voyagent toujours avec nous. Rentrer, faire un long break pour redécouvrir chaque membre de notre grande famille, raconter des anecdotes, câliner les nouveaux nés et ses parents. Et, pourquoi pas… repartir !

Repartir pour un temps ou plus longtemps… Peut-être moins loin, moins longtemps ou plus accessible (moins cher n’est pas trop difficile). Enfin bon, tout ça pour dire que peut-être, qu’il est possible que je ne sois pas vraiment revenu en septembre. Je ne peux vous promettre de ne pas chercher hors des frontières.
Saviez-vous qu’avec mon tout nouveau futur passeport biométrique – domicilié à Pointe-Noire ! – je vais pouvoir rentrer aux USA sans visa, avec un minimum de fichier à remplir sur internet pour 90 jours de vacances ? Les USA, le Japon, la Pologne, l’Asie du Sud, Saint Petersburg, Lima ou le Mali. Comme une drogue… fugace… Quand l’appel de ce que je m’imagine d’une routine arrive, je veux m’évader. Alors voilà, tout cela pour vous dire que… finalement… j’aime bien m’imaginer faire des sauts de puce à travers le monde !

PS : je ne promets pas de ne pas non plus à nouveau retourner ma veste ! Tout dépend aussi du contenu de la mission !

La lumière du bout du tunnel… 3 jours à Mvouti juin 19 2011

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Je suis rentrée dans un grand tunnel. Il y avait une petite lumière au bout, alors j’ai avancé… Et je me suis vue trébuchée sur des rails !

Ceci n’est pas le début d’une de mes énièmes élucubrations, mais un avant-goût de mon weekend dernier. Le 10 Juin est férié au Congo pour fêter la clôture de la Conférence Nationale ; le 13 Juin était le lundi de l’ascension : bilan des courses = 4 jours fériés d’affilés ! Voilà un weekend qui commence bien…

Avec cette condition, il serait dommage de rester coincer à PNR. Décidés la veille au soir, après avoir convaincu durement un ami de nous accueillir chez lui, direction Mvouti. Mvouti est un village sur la RN1 (en construction), à 3h30 de PNR et 45 minutes de Dolisie ; en plein cœur du Mayombe. Le Mayombe est la chaîne montagneuse (petites les montagnes), recouverte d’une forêt dense équatoriale qui va de la RDC au sud jusqu’au Gabon au nord, et qui s’étale en largeur sur la distance approximative qu’il y a entre PNR et Dolisie.

Avec moi, 5 personnes. Thibaut et Guichel des Tortues, Nicolas et Sophie nos voisins à PNR, et Jérémy qui nous accueille. Nous sommes partis en taxi sur la RN1, vendredi matin. Arrivée à Mont Cokamba à la sortie de la ville à 8h00, nous prenons le temps d’acheter quelques réserves alimentaires, et c’est parti. 3h30 plus tard, à quatre passagers à l’arrière de la Toyota Corolla bleu et blanche, à raison de 5000 FCFA (moins de 8€), nous voilà à siroter un Pastis léger sur une terrasse avec vue sur la forêt à perte !

L’après-midi, Jérémy qui travaille – son boulot consiste à vérifier que les chinois qui sont les maîtres d’œuvre de la RN1 fassent bien leur travail, les chinois n’ayant pas de congés, Jérémy a difficilement du répit – nous dépose sur une voie de chemin de fer. A droite, un effondrement de la terre sous les rails nous indique qu’aucun train ne risque de passer d’ici peu ; à gauche, un tunnel, de, paraît-il, 4 km est à traverser. Prenant notre courage à deux mains, enfin surtout une lampe de poche, nous nous enfonçons dans le tunnel.

Il y fait sombre et humide. De l’eau sort de la roche en douche, avec un débit qui donne l’impression de celui d’une cascade. Sous les rails, il y a des cailloux inégaux. Dans cette nuit en plein jour, nous avons peur de trébucher, de se tordre la cheville. Je ne vois pas mes pieds, je vois la lumière du jour, provenant de l’entrée, se reflétait sur le t-shirt blanc de celui que je suis. J’avance prudemment ; nous n’avons qu’une lampe pour 5. Je râle lorsque Guichel qui est devant avance trop vite. Combien de temps sommes-nous restés dans ce tunnel ? En tout cas, pas 4 km c’est certain. Finalement après, une demi-heure, une lumière devient plus perceptible. Nos yeux sont habitués à l’obscurité. Le tunnel ne devait pas faire plus de 2 km. En se rapprochant de la sortie, on découvre des centaines de chauves-souris qui se dessinent en ombres chinoises sur le jour. Gentilles compagnes !

Puis soudain, c’est l’inondation lumineuse. Nos yeux en ont mal ! Pas si terrible que ça cette image de la mort. La lumière au bout du tunnel.

Nous arrivons en un lieu où la végétation a repris ses droits sur les rails. Nous passons un petit viaduc datant sans doute, de l’époque colonial. Dans le fin fond de la forêt, on entend des tronçonneuses travaillées. Quelques vestiges d’habitations sont sur le bord des rails. C’est délabré, mais le jardin potager est bien tenu ; quelqu’un doit encore y dormir régulièrement. Derrière la maison, une belle piste traversant une rivière se profile. Selon Guichel, congolais et donc selon nous plus habitués du terrain de jeu qu’est la forêt, toute bonne piste mène à un village. Il y a des traces de pas fraîches sur le sol meuble. C’est certain, nous devrions pouvoir revenir sur la RN1 en prenant cette piste. Nous traversons la rivière à guet et avançons. Un, puis  deux, trois, quatre, jusqu’à une dizaine de bras de rivière passent sur notre piste. Les pieds deviennent rapidement très humides. Les pierres sous l’eau glissent. Nous avançons. Nous rencontrons des vestiges d’ancêtres-arbres de la forêt abattus : de la sciure rouge sang ou orange prononcée jonche le sol. Je m’étonne toujours de voir la propension de la Nature à savoir créer les couleurs les plus vives.

Nous avançons toujours dans la forêt, suivant le chemin. Guichel y croit toujours. C’est bientôt, bientôt. Nous échappons à une fourmilière vorace. Et arrivons finalement à un arbre gigantesque au sol, laissé par quelques forestiers. Plus de piste. Les garçons tentent de trouver l’autre bout du chemin, mais rien y fait. Il n’y a plus de piste. Il est 17h10, nous avons marché 1h30 pour venir jusqu’au milieu de la forêt. Nous sommes attendus à 18h par Jérémy, là où il nous a déposés. La nuit tombe à 18h20 ! Nous allons mettre 1h00 à faire l’ensemble du chemin de retour : piste + tunnel. Et de voir Jérémy arrivé à notre rencontre ; vert d’entendre nos histoires de chauves-souris et d’arbres ancestraux.

La journée se terminera par un barbecue au frais (22°C à 95% d’humidité) ; une couinche que je vais perdre avec Thibaut, et quelques verres de Pastaga plus tard.

Le lendemain matin, nous visitons le village en recherche de légumes, que nous ne trouverons pas. La gare a une salle VIP, très peu utilisée étant donné l’absence même de chaises. Les bancs sont faits avec des rails soudés les uns aux autres, ça donne un petit effet sympathique.

L’après-midi, Jérémy nous dépose à Dolisie ; et sur le passage à l’arbre de Brazza. L’arbre de Brazza est un magnifique baobab sur lequel Savorgnan de Brazza a gravé en « EB 1888 », pour Expédition Brazza 1888. Depuis ce jour, des centaines de personnes ont gravés à leur tour l’arbre, qui continue à grandir malgré tout. Pour rappel, Brazza, explorateur français d’origine italienne, a donné son nom à la capitale du Congo. La journée se poursuit dans les rues de Dolisie, à se promener. Une première bière à Sala Ngolo, une seconde pour le coucher du soleil, et une troisième en soirée pour finir dans LA boîte de nuit de Dolisie.

Le dernier jour, on range nos affaires tranquillement. Je vais traverser le Mayombe dans la benne du pick-up pour 3h30 de route. Une dernière couinche, cette fois-ci gagnée, termine le dimanche en beauté chez Jérémy à PNR. Une bonne douche et au lit…

3 jours hors de PNR, il n’y a rien de mieux pour se dépayser !

CHANSON DE LA PISTE OUVERTE (Extrait) par Walt Whitman juin 5 2011

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Pied sûr, cœur léger, j’attaque la piste ouverte,
Suis libre, en bonne santé, le monde est devant moi,
La longue piste brune s’étire où je veux qu’elle me conduise.

A partir d’aujourd’hui je n’attends plus la bonne fortune : la bonne fortune c’est moi !
J’ai fini de me plaindre, j’ai fini de tergiverser, j’ai fini d’avoir besoin de ceci ou cela,
Terminé le petit monde des récriminations, des bibliothèques, des critiques chagrines,
Sans faiblesse ni grief, j’avance à découvert sur la piste.

Pour moi la terre me suffit,
Pourquoi voudrais-je les constellations moins éloignées ?
Elles sont où elles doivent être, j’en suis sûr,
Conviennent à ceux qui les habitent.

(Sur terre, donc ! épaules chargées du délicieux fardeau,
La vieille charge d’hommes et de femmes qui partout m’accompagnent,
Impensable, je le jure, pour moi, de m’en débarrasser,
Empli d’eaux comme je suis et qui à mon tour les comblerai !)

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Mais toi route que j’entame, jetant un coup d’œil à la ronde j’ai le sentiment que tu n’es pas la fin de tout,
J’ai le sentiment qu’il y a de l’invisible, en plus, où nous sommes.

Quelle magistrale leçon d’hospitalité, en toi, sans exclusion ni privilège,
Le Noir à la tête laineuse, le renégat, le malade, l’analphabète, tu les reçois tous ;
La course pour trouver le médecin accoucheur, la savate traînante du mendiant, les zigzags de l’ivrogne, la joyeuse équipée des ouvriers,
Le fils prodigue, l’attelage du riche, le jeune gandin, les amants en fuite,
Le paysan matinal sur la route du marché, le corbillard, les meubles qu’on déménage à la ville, le retour à la campagne,
Tout cela passe, moi avec, tout cela a droit de passage sans la moindre interdiction,
Rien n’est interdit d’accueil, mon amitié va à tout cela sans partage.


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